Enseignant-chercheur à l'Université de Bruxelles

Après avoir été assistant intérimaire pendant six mois à l'Université Libre de Bruxelles, j'ai décroché un poste renouvelable sur six ans. Assistant en Belgique, c'est un peu l'équivalent de chargé de TD en France. Pendant l'année universitaire, environ 50% de mon temps de travail est occupé à préparer et donner des exercices de physique et des manipulations à faire à des étudiants de première année (en physique, géologie, géographie, géologie, pharmacie, informatique...) Les énoncés et les corrigés des exercices me sont fournis par les professeurs titulaires et je dois juste aider les étudiants à les résoudre et répondre aux éventuelles questions. Il faut aussi surveiller et corriger les examens de première et deuxième session.
Ce poste d'assistant sert aussi à financer une thèse. Je n'en ai pas encore tout à fait défini le sujet, mais elle portera sur la modélisation du transfert de masse entre étoiles binaires. J'utiliserai une méthode alternative aux éléments finis, Smoothed Particle Hydrodynamics (SPH). Cette méthode a de l'avenir malgré ses difficultés parce qu'elle est adaptée aux problèmes sans bord ni symétrie significative et que numériquement elle se parallélise très bien (les quelques essais sur GPU sont époustouflants).
Bien sûr, donner des cours ça prend du temps et la thèse risque de durer plus de 4 ans. Mais mes travaux comprendront de lourdes simulations qui durent plusieurs jours, ce qui implique d'avoir beaucoup de temps libre ; la charge d'enseignement n'est donc pas vraiment contraignante. De plus, le contact avec des dizaines d'étudiants est agréable. Le salaire est confortable (supérieur au salaire français pour un poste équivalent) et il est prévu que je parte régulièrement en Australie pour travailler avec un des spécialistes mondiaux de SPH. D'ailleurs j'y vais trois semaines dès cet été.
L'ambiance de travail à l'ULB est plutôt bonne. Comme l'astrophysique fait appel à toutes les branches de la physique, c'est un travail d'équipe. Chacun a sa petite spécialité ; moi c'est la modélisation. J'apprend la physique des étoiles sur le tas avec l'aide des collègues et en lisant des livres d'astrophysique en anglais dans le tramway !"

Voici un article qui a été publié récemment par l'ESO et qui permet de mieux comprendre l'intérêt de la modélisation des étoiles binaires : http://www.eso.org/public/france/news/eso1230/